Une journée d’IV-4347

À paraître

Couverture d’Une journée d’IV-4347, de Vlad Skanda

— Mais cette personne a été exécutée.
— En effet.
— Donc je ne peux pas être cette personne, puisque je suis vivant.
Le temps de traitement de cette objection a été de zéro virgule trois seconde. Elle figure au recueil des objections courantes sous le numéro 12 et elle appelle une réponse type. J’ai employé la réponse type.
— Votre objection soulève un point intéressant. D’un point de vue biologique, vous êtes effectivement vivant. D’un point de vue juridique, vous êtes l’identifiant 7-TA-4346, qui a été reconnu coupable et dont la peine a été exécutée. Ces deux réalités coexistent. Elles ne s’annulent pas.
— Elles sont contradictoires.
— Elles sont parallèles. C’est différent.

Le 14 mars 2086, un androïde spécialisé en contentieux applique à trois requérants trois maximes séculaires du droit, telles que le Protocole les a réécrites :
Non bis in idem — Nul ne peut être jugé une première fois si son identifiant l’a déjà été.
De minimis non curat praetor — Le juge ne s’occupe pas des êtres négligeables.
Habeas corpus — Chaque citoyen possède son corps. La conscience constitue une propriété collective.

Un nouveau roman « sec » de Vlad Skanda. Photographe et écrivain. Actuellement sur cette planète.